85 % : ce n’est pas une estimation, mais la réalité brute du transport de marchandises en France. Selon les données du ministère de la Transition écologique, publiées en 2023, le transport routier écrase la concurrence et assure la quasi-totalité des flux intérieurs. Face à lui, le fret ferroviaire plafonne à 9 %. Le contraste est saisissant, malgré les ambitions affichées pour le rail.
Le transport maritime, pilier des échanges internationaux, reste discret au niveau national, tandis que l’aérien se cantonne à une niche : celle des biens très précieux ou ultra-urgents, pesant moins de 1 % des volumes. Les entreprises françaises, elles, jonglent entre coûts, rapidité et impact environnemental, cherchant l’équilibre dans un paysage logistique en tension.
Panorama des modes de transport de marchandises en France : état des lieux et chiffres clés
Le marché hexagonal du transport de marchandises tourne autour d’une force dominante : le routier. D’après les chiffres du ministère de la Transition écologique, le transport par camion et véhicule utilitaire léger concentrait 81,73 % du volume intérieur en 2020. Partout, ces véhicules relient zones industrielles, ports et agglomérations, irrigant l’économie française jour après jour.
Le fret ferroviaire se hisse à 15,04 %, légèrement en hausse depuis 2015, mais reste à bonne distance. Les voies fluviales, elles, n’occupent qu’une place marginale (3,23 %), malgré des axes puissants comme la Seine, le Rhône ou le canal du Nord, encore sous-exploités.
Pour le maritime, la situation est paradoxale. Les ports français voient transiter 72 % des importations du pays, alors que la mer capte 90 % du commerce mondial. Pourtant, sur le plan intérieur, ce mode reste réservé à des flux spécifiques ou aux littoraux. Quant au transport aérien, il cible uniquement les marchandises qui tolèrent ni attente ni compromis sur la valeur, pesant à peine dans le tonnage global.
Voici les parts de chaque mode de transport, pour mieux visualiser ces équilibres :
- 81,73 % : le routier, colonne vertébrale du transport intérieur
- 15,04 % : le ferroviaire, challenger modeste
- 3,23 % : le fluvial, discret mais présent
- 72 % : le maritime, poids lourd des importations françaises
La France juxtapose ainsi une domination de la route et une mosaïque d’infrastructures. Mais cet équilibre reste fragile. Les pressions économiques, les attentes environnementales et la reconfiguration des chaînes logistiques rebattent les cartes, posant la question de la résistance et de l’adaptabilité du système national.
Quel mode domine vraiment le paysage logistique français ?
Impossible de le nier : la route imprime sa marque sur le transport de marchandises en France. Selon le ministère de la Transition écologique, plus de 8 colis sur 10 traversent le territoire par camion ou utilitaire. Ce choix s’explique par la densité du réseau autoroutier, la rapidité d’acheminement, la capacité à desservir chaque recoin, des grandes agglomérations jusqu’aux villages isolés.
Face à un maillage aussi serré, le ferroviaire et le fluvial peinent à rivaliser : respectivement 15 % et 3 % des flux intérieurs. Même si leur potentiel écologique ou économique est mis en avant, la route garde l’avantage par sa souplesse et sa réactivité.
Le secteur évalue sa performance en tonnes-kilomètres : des millions de camions parcourent chaque année la France, transportant matières premières, produits finis ou denrées alimentaires. Cette mobilité rapide colle à l’évolution des chaînes d’approvisionnement, où la fragmentation et la pression sur les délais dictent la loi.
Pour résumer la répartition :
- Transport routier : 81,73 % du marché intérieur
- Ferroviaire : 15,04 %
- Fluvial : 3,23 %
Le maritime domine les portes d’entrée internationales, mais il reste peu utilisé pour la logistique nationale, sauf dans les bassins portuaires. La France, tout en vantant les mérites du rail et du fluvial, continue donc de miser sur la route, entre exigences de performance et défis écologiques à relever.
Coûts, délais, environnement : forces et limites de chaque solution
Le routier séduit par sa rapidité, sa polyvalence et la densité de son réseau. Camions et utilitaires desservent chaque point du territoire, livrant en un temps record. Mais cette performance pèse lourd sur la planète : la route génère environ 97 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur transport. Pour une entreprise, la question du bilan carbone devient vite brûlante, alors que la réduction des émissions s’impose partout dans le débat public.
Le ferroviaire propose une alternative plus sobre. Un TGV rejette environ 13 g de CO2 par kilomètre, contre 135 g pour une voiture essence moyenne. Le rail rassure par sa fiabilité, son efficacité sur les longues distances et sa sécurité. Pourtant, il reste contraint par la couverture du réseau et des coûts parfois supérieurs à la route, notamment sur les derniers kilomètres.
Le fluvial, souvent présenté comme économique et peu polluant, ne parvient à capter que 3,23 % du transport intérieur. Ses atouts, faible coût, sobriété énergétique, sont limités par le manque d’infrastructures et des délais de livraison plus longs. Certains axes, comme la Seine, montrent pourtant que le potentiel existe, à condition d’être exploité à grande échelle.
Le maritime s’impose pour les volumes massifs et les longues distances. 72 % des importations françaises passent par les ports, reflet d’un mode peu coûteux à l’international. Mais, arrivé à quai, il laisse la place à d’autres modes pour la distribution intérieure. Enfin, l’aérien joue la carte de la vitesse et de la fiabilité pour les marchandises à très forte valeur ou ultra-urgentes, au prix d’un impact environnemental très élevé et de tarifs hors de portée pour les flux de masse.
Les grands acteurs du secteur et les tendances qui redessinent le transport de marchandises
La galaxie du transport de marchandises en France réunit des groupes privés, des opérateurs publics et un tissu dense de PME. Exemple : Transports TDF, spécialiste de la route, collabore avec Renault et Felesa pour introduire des camions électriques ou fonctionnant à l’Oléo 100. Une adaptation concrète aux enjeux écologiques, appuyée par l’obtention de la certification AFAQ ISO 9001, gage d’exigence et de qualité.
Les pouvoirs publics misent sur la modernisation : rénovation du réseau ferroviaire, création de stations de recharge, soutien à la logistique multimodale. Pourtant, selon l’INSEE, Ipsos ou le Boston Consulting Group, la majorité des Français juge ces efforts encore insuffisants face aux besoins du secteur.
L’équation évolue. Les attentes se déplacent vers des solutions intermodales et l’innovation technologique. Le numérique transforme la gestion des flux, l’automatisation s’invite dans les dépôts, le suivi en temps réel s’impose. D’après La Fabrique de la Cité, la demande de flexibilité, d’efficacité et de sobriété s’accélère.
Voici les principales évolutions en cours :
- Camions électriques et biocarburants : une transition qui s’amorce mais reste à amplifier
- Partenariats industriels : levier d’innovation pour la logistique
- Investissements publics : moteur attendu pour généraliser la multimodalité
Le secteur du transport de marchandises avance, tiraillé entre la force de l’habitude et l’urgence d’inventer de nouveaux modèles. L’avenir se jouera sur la capacité à conjuguer innovation, sobriété et efficacité. Sur la route, sur les rails, sur l’eau ou dans les airs, la France cherche toujours la voie la plus juste pour faire circuler ses marchandises.


