Mieux comprendre la biodiversité

Source d’émerveillement, la diversité de la vie est indispensable à la survie humaine : pas de vie sans diversité. Au moment de la sixième extinction massive des espèces animales, la Foundation Biodiversity Research (FRB) présente trois études récentes visant à mieux orienter les activités de recherche et de conservation.

La biodiversité désigne « la diversité de la vie à tous les niveaux de l’organisation, du gène aux espèces et aux écosystèmes » telle que définie par le FRB. Bien plus qu’un simple comptage des espèces, l’analyse de la biodiversité est structurée de deux façons : taxonomique et écologique. D’un point de vue phylogénétique (1), le premier ordre décrit la biodiversité sous-tendue par le phénomène de la variabilité génétique. Le deuxième ordre se concentre sur l’étude des écosystèmes, fragments de biosphère, qui contiennent un certain nombre d’espèces différentes (biocénose) qui vivent dans le même milieu (biotope). Définis par des structures spatiales et temporelles (p. ex. variations saisonnières), les écosystèmes sont caractérisés par des dynamiques trophiques qui décrivent l’échange de matière et d’énergie entre leurs constituants : la production de matière organique par photosynthèse, formation de prédateurs, parasitisme, etc., est complète comme possible, la condition préalable à toutes les mesures éclairées visant à promouvoir la diversité biologique. Thème mondial depuis la Convention sur la diversité biologique lors de la Conférence de Rio en 1992, le concept de biodiversité s’est répandu à la fois dans la littérature scientifique et dans l’intégration des préoccupations environnementales des citoyens. Grâce aux relations publiques et aux activités de sensibilisation ainsi qu’au développement de la science participative, les interfaces entre les deux environnements ont un impact sur l’efficacité du recensement et de la Préservation de la biodiversité.

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Toute la biomasse sur Terre

En écologie, la biomasse est la masse totale des organismes vivants. Exprimée en masse de carbone, qui est indépendante de la teneur en humidité des organismes, permet de comparer la contribution de chaque taxon (groupe) aux réseaux alimentaires, quel que soit le nombre d’échantillons et leur taille. Grâce aux nouvelles techniques à l’échelle, à l’amélioration de la télédétection, aux récentes explorations à grande échelle et au travail des observatoires locaux, l’équipe de Yinon M. Bar-On a pu produire un premier rapport global sur la répartition de la biomasse sur Terre. Les calculs moyens de plus de 300 publications scientifiques, pondérées chacune par un coefficient, ont estimé la biomasse totale à 550 Gt C (1 Gt C = 1 milliard de tonnes de carbone). Les milieux terrestres, largement dominés par le règne végétal, représentent 86,1 % des biomasse totale. Les océans, qui couvrent 70 % de la surface de la Terre, ne représentent que 1,1 % de la biomasse, distribuant environ 70 % entre les bactéries et les protistes (2) et environ 30 % entre les arthropodes et les poissons. Le sous-sol profond est principalement occupé par des bactéries et des archaeums. Ces résultats montrent la structure trophique « pyramide inversée » des océans, où la biomasse des producteurs primaires (ceux qui produisent de la matière organique par photosynthèse) est 5 fois inférieure à celle des consommateurs, mais se renouvelle en quelques jours. L’étude étudie également les effets de l’activité humaine sur la biomasse. Alors que les mammifères marins ont la biomasse a été divisée par 5 par la pêche intensive, les mammifères terrestres ont été multipliés par 4 par la reproduction, ce qui a masqué les six divisions de la biomasse sauvage.

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2,2 millions d’espèces identifiées seulement

Aujourd’hui, le plus grand système d’information appartient à la biodiversité (GBIF) seulement 2,2 millions d’espèces sur les 10 millions d’espèces estimées. Le chemin vers un recensement complet est encore long, mais les études scientifiques ne portent que sur un nombre limité d’espèces, négligeant toute une gamme d’organismes essentiels au fonctionnement des écosystèmes. C’est ce biais taxonomique que l’équipe de Julien Troudet voulait quantifier, suggérant que les préférences sociales influent sur le choix des sujets de recherche. Sur les 297 classes taxonomiques du GBIF, seules 24 ont plus d’un million de dépôts. L’analyse des 626 millions de données associées à ces 24 classes (ce qui correspond à 1,01 million d’espèces, soit 84 % du nombre total d’espèces enregistrées sur le portail) a révélé des différences majeures. Bien qu’elles ne représentent que 1 % de l’espèce, les Aves (oiseaux) représentent 53 % de toutes les occurrences. À l’inverse, les données sur la classe d’insectes, bien qu’elles soient plus diversifiées, sont en grande partie insuffisants et généralement inexacts. Compte tenu du nombre de sites Web liés aux noms d’espèces, les chercheurs ont ensuite montré une corrélation entre l’intérêt public et le classement des espèces les mieux informées sur le GBIF. Des études antérieures ont également montré que la recherche, qui a déjà fait l’objet d’une sensibilisation du public, est plus facile à financer. Ils sont davantage motivés par la participation civique directe, comme le portail eBird, la plus grande base de données d’oiseaux (211 millions d’occurrences).

Méfiez-vous des mascottes

Bien que le terme « espèces charismatiques » ne soit pas nouveau dans la production scientifique, il est encore mal défini. Une étude de l’équipe de Franck Courchamp montre que leur popularité est non seulement masquer, mais aussi aggraver leur état de conservation déjà préoccupant. À partir de quatre sources directes et indirectes, le pour établir un classement des espèces les plus charismatiques pour le public occidental. Dans l’ordre, le tigre prend la première place, puis le lion, l’éléphant, la girafe, le léopard, le panda, le guépard, l’ours polaire, le loup gris et le gorille. Mais, à l’exception du loup, tous sont considérés comme « vulnérables », « en danger » ou « gravement menacés », ce dont la population semble être largement ignorée. L’étude explique ce phénomène par une surreprésentation culturelle (dans la publicité, le cinéma, les jouets, etc.) de ces animaux, qui donnent une fausse impression de leur plénitude. D’autre part, il y aurait une forme de concurrence entre les « populations virtuelles » — logos et autres mascottes avec lesquelles les entreprises réalisent des profits significatifs, et les « populations réelles » — dont la préservation nécessite un financement accru et une mobilisation sociale. Afin de transformer ce concours en collaboration, l’étude propose l’introduction d’un Droit d’image, à savoir que la partie des bénéfices des entreprises utilisant la figure de l’animal menacé est donnée à des abris appropriés.

■ ( 1) La phylogénie étudie la formation et le développement d’espèces vivantes dans (2) les organismes vivants solaires cellulaires.

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